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– pas aussi simple que ça en a l’air – 😉

Transformer notre plomb en or, passer de la chenille au papillon a l’air facile dit comme ça ! On aimerait tous faire ces transformations se fassent « facilement ».

Chenille du Paon-du-jour, CC Maud du jardin de la petite bruyère
Le Paon-du-jour sur l´Origan, CC Maud du jardin de la petite bruyère

La chenille représente notre égo démesuré, notre petite personne avec ses peurs et ses croyances limitées. Le papillon quant à lui représente notre être illimité, créatif, humble, agile, courageux Passer de la chenille au papillon, tel est le vaste chantier de l’évolution de notre vie pour de multiples voies spirituelles !

La chenille est par essence un être fragile, piquant voire urticant, rampant, vulnérable et nuisible aux plantes qui la nourrissent. Rappelons qu´elles mangent vos salades et vous laissent en échange des crottes amères !

Le papillon quant à lui est agile, fragile, léger. Il vole pour polliniser les fleurs en s’abreuvant de leur nectar et reprend son envol vers une nouvelle destination tout aussi délicieuse sans nuire à ses généreuses donatrices que sont les plantes, dans un acte de symbiose et de mutualité. 

A croire que ce n’est pas la même bestiole qui puisse passer de “parasite” à “symbiote” en quelque semaine ! Mais cette transformation n’est pas sans sacrifice.

Tel serait le destin des êtres humains qui est expliqué dans beaucoup de traditions spirituelles comme le bouddhisme, le Tantra, le Tao. 

Serions-nous soumis aux  mêmes règles de l’évolution que les autres êtres vivant?

Mais alors, si c’est si génial de devenir de vrais êtres humains avec leur plein potentiel, pourquoi ne sommes-nous pas des millions à nous métamorphoser en passant de “con-sot-mateur individualiste et parasitaire” à “consomme-acteur mutualiste et symbiotique”? 

Pourquoi sommes-nous si peu à nous orienter vers une vie joviale, éthique, basée sur une activité lucrative qui comble nos besoins, ceux de la nature et de nos proches?
Tout simplement parce que le chemin est semé d’embûches, la première étant la peur de la mort.

En voici les principales raisons (vous en identifierez sûrement d´autres !) :

  • La chenille a sa propre raison d’être et n’imagine pas encore devenir papillon. Nous avons tous du mal à croire en la magie de pouvoir se transformer en ce que nous rêverions d’être et nous sentons bien qu’il ne peut rien se passer sans ce sacrifice que l’on ne souhaite pas faire. Alors autant ne pas y réfléchir !
  • Même si l’on croit à sa transformation, on ne veut pas accepter qu’il faille “mourir” en tant que chenille (notre petit moi), la peur de la mort et de la souffrance nous terrorise.
  • Lorsque l´on se décide à passer à l’action de devenir ce papillon, et bien il en faut du courage pour tisser son propre cercueil et se mettre dedans ! Le cocon est un peu comme la méditation : la chenille s’emmerde grave et ne voit vraiment pas ce que ça lui apportera de “perdre son temps” si précieux aujourd´hui. Il ne faudrait pas, pendant ce temps-là, que d’autres chenilles lui piquent sa place et ses ressources !
  • Accepter de “mourir et de se liquéfier”. Devenir de la “soupe sans forme” où l’on ne sait plus qui on est ni ce que l’on va devenir n’est pas très sexy à première vue !
  • Sortir de ce cercueil (le cocon) pour renaître n’est pas une tâche aisée non plus: cela demande du courage, de l’effort, de l’humilité et du temps pour oser se mettre à nue Mettre notre fragilité, notre sensibilité en contact avec le monde extérieur. 
  • Et enfin, réaliser que l´on n’est pas plus à l’abri en tant que papillon qu’en tant que chenille. Finalement, croire que la vie d’un papillon c’est « nectar à gogo » et femelles (ou mâles) pour tout le monde, sans prédateur, sans saison, sans « mort »: on se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude !  Comme si la chenille voulait s’assurer avant le voyage vers « papillon-land » que c’est bien le paradis de la douceur et de l’amour inconditionnel, une sorte de “pays des bisounours”. La réalité est tout autre au paradis !
Azuré commun (femelle) sur le Thym Serpolet, CC Maud du jardin de la petite bruyère
Papillon Machaon, CC Maud du jardin de la petite bruyère

Pour les humains qui cheminent vers l’éveil, les êtres éveillés comme Gandhi, Mandela, Luther King, n’ont pas eu une vie « douce et sucrée », mais vivante !

Pour reprendre les propos de Pierre Rabhi “certains se posent la question si il y a une vie après la mort, moi je me pose la question si il y a une vie avant la mort”.

Comme dirait Thomas d’Ansembourg, “Être heureux n’est pas nécessairement confortable”. Il y aura toujours des hauts et des bas, des difficultés à accepter. C´est la perspective et la façon de vivre les situations qui aura changé.  

A la Forêt Nourricière nous sommes tous passés par ce moment désagréable de ne plus savoir qui on est et qui on veut devenir. Le tout, sans savoir dans quoi on s’embarque !

C’est sur la base de toutes nos petites “morts” et de toutes nos petites “renaissances” que l’on peut aujourd’hui parler de ce chemin de l’éclosion pour vous aider à réaliser votre raison d’être sur terre.
Nous vous partageons notre joie de travailler au quotidien à tenter maladroitement mais joyeusement de se rapprocher un peu plus de cette connexion à nous même pour devenir des auxiliaires de la nature et de la vie plutôt qu´un “être nuisible à lui-même, à la vie” pour combler ses besoins comme notre culture nous conditionne à l’être.

Si tu veux être un papillon libre, il va falloir aimer la soupe de chenille, aimer ta propre mort !

Affectueusement,

La Forêt Nourricière

CC Maud du jardin de la petite bruyère
chenille défoliatrices sur Merisier, CC Maud du jardin de la petite bruyère

PS: On profite de cet espace pour vous partager un texte qui nous a beaucoup touché et nous inspire à continuer notre transformation à l´état de papillon. On espère qu´il résonnera aussi chez vous.

“Les biologistes ont découverts qu’à l’intérieur des cellules du tissu de la chenille, il y a des cellules appelées cellules imaginatives. Elles résonnent sur une fréquence différente. De plus, elles sont si différentes des autres cellules de vers que le système immunitaire de la chenille les prend pour des ennemis et tente de les détruire. Mais de nouvelles cellules imaginatives continuent d’apparaître, et de plus en plus… Soudain, le système immunitaire de la chenille ne peut plus les détruire assez vite et elles deviennent plus fortes en se connectants les unes aux autres pour former une masse critique qui reconnaît leur mission de réaliser l’incroyable naissance d’un papillon. 

En 1969 Margaret Mead a déclaré : “Nous ne devons jamais douter qu’un petit groupe de citoyens motivés et déterminés puisse changer le monde. Ce sera certainement ainsi que, malgré tout, nous nous sommes trouvés. Je crois fermement, comme beaucoup d’autres, qu’il y a une effervescence évolutive dans le tissu de la société actuelle. Malgré la clameur de la peur, de la cupidité, de la surconsommation et de la violence qui s’exprime à travers le tissu social, il existe une union d’hommes et de femmes que nous pouvons appeler des cellules imaginatives, qui révèlent un monde différent, une transformation, une métamorphose. 

Le poète uruguayen Mario Benedetti a écrit : “Que se passerait-il si un jour, au réveil, nous réalisions que nous sommes la majorité? Je prétends que les cellules imaginatives domineraient et feraient sortir le papillon d’un monde de vers. C’est le temps de l’éveil. Des groupes de cellules imaginatives se rassemblent partout ; elles commencent à se reconnaître ; elles développent les outils d’organisation pour augmenter le niveau de conscience, afin que la prochaine étape de notre société humaine se manifeste, pour créer une nouvelle société qui cessera d’être une chenille et deviendra un papillon. Une nouvelle dimension de la Vie, une société plus compatissante et plus juste, une humanité enracinée dans le bonheur et la compréhension mutuelle… 

Soyez des cellules enthousiastes ! Connectez-vous avec les autres, rassemblez-vous, rassemblez-vous… et unissons-nous tous pour construire une Humanité Nouvelle !»

Deepak Chopra

chenille mimétique d'Abricotier, CC Maud du jardin de la petite bruyère,
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