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La permaculture

Qu'est-ce que la permaculture ?

 

Vaste chantier que de définir le mot permaculture !
Franck, notre animateur et chercheur au sein de la Forêt Nourricière s’y attèle, voici ses retours :

 

Peux-tu définir le mot permaculture ?

Franck Nathié : Pour comprendre un concept, il est parfois plus facile de commencer par identifier ce qu’il n’est pas. Voici une liste (non exhaustive !) de ce que n’est PAS la permaculture. Ce n’est ni un dogme écologique, ni une méthode de jardinage, ni un patchwork d’astuces et de techniques sans connexion !

Définir la permaculture est complexe et c’est un mot qui est souvent réduit à des techniques potagères.

 

Essayons donc de trouver une définition générale sans caricaturer, en allant dans le détail, sans s’y perdre…

Franck Nathié : Oui ! On pourrait dire que la permaculture est une méthodologie de conception écologique et holistique, à l’écoute des fonctionnements intimes de la nature et des besoins des différents règnes (minéral, fongique, végétal, animal et humain). Elle cherche à recréer des écosystèmes nourriciers et harmonieux qui combleraient les besoins de tous les acteurs d’un écosystème (sols, plantes, animaux sauvages et d’élevage, insectes, humains sauvages et d’élevage) dans une relation d’amélioration dynamique du lieu appelé « aggradation » (inverse de la dégradation).  Cette méthodologie de conception écologique est basée sur une éthique qui invite à prendre soin de la terre, prendre soin des êtres humains,  créer de l’abondance et  partager équitablement les surplus.

C’est une sorte de kit holistique pour créer des petits paradis sur terre, quel que soit l’endroit où l’on s’installe et quel que soit  le projet que l’on a au départ.

 

Qu’est-ce que le design en permaculture ?

Franck Nathié : La permaculture tend à interconnecter les besoins fondamentaux des êtres vivants à ceux de l’environnement dans lequel ils vivent : l’habitat, l’alimentation, la médecine, la production alimentaire, l’économie financière et énergétique, les rapports sociaux (besoins fondamentaux), la climatologie, la botanique, la phytosociologie (vie des plantes), l’entomologie (vie de insectes), la pédologie (vie des sols), etc. qui sont interconnectés dans une vision globale.

Tous ces domaines sont mélangés, imbriqués les uns dans les autres pour réaliser un DESIGN, qui va chercher l’équilibre et la complémentarité entre ces besoins de façon à offrir une plus grande résilience(*) à votre projet. (*résilience = capacité d’un écosystème à résister et à se remettre d’un choc).

 

Comment tirer parti des éléments pour que la situation s’améliore, s’équilibre, s’enrichisse, se complexifie, s’embellisse sans nier quoi que ce soit, mais plutôt en collaborant pour créer quelque chose de nouveau ?

Franck Nathié : Dans le schéma de La fleur de la permaculture de La Forêt Nourricière , vous pouvez voir 7 pétales qui correspondent aux besoins fondamentaux de tous les êtres humains (se nourrir, se loger, santé, travail, collectif, etc). Chacun de ces pétales donne lieu à un design spécifique de l’habitat, du jardin, de l’organisation collective, des relations…etc. Une fois ces pétales défini, en découle un macro-design qui sera par exemple la stratégie de communication à élaborer dans son projet, à du micro-design comme par exemple la façon dont on construit le poulailler !

 

Quels sont les critères d’un lieu qui pratique la permaculture ?

Franck Nathié : Un lieu permacole est avant tout réalisé d’après un design pour le rendre « vivant » et organique tout en respectant le rythme de la nature et des porteurs de projet. Ce design intègre une réflexion globale et holistique des interactions entre éléments est nécessaire au préalable. À mon avis, utiliser un patchwork de techniques et astuces permaculturelles n’est donc pas suffisant.

La Ferme de Jean-Martin Fortier au Québec (Les Jardins de la Grelinette) en est un bel exemple. Il n’a pas de jardin-forêt, pas de buttes ni de spirales aromatiques, mais le lieu a été conçu pour être plus efficace énergétiquement et sa vision est holistique.

 

Peux-tu nous parler de la synergie végétale et humaine, qui sont les deux axes de recherche de la Forêt Nourricière pour développer la permaculture ?

Franck Nathié : La « synergie » ou émulation, est la base du développement du monde vivant. Cette entraide pour la vie permet à chaque être vivant d’avoir une place juste dans un environnement qui évolue et se complexifie en permanence.

Le résultat de la croissance et de la complexification s’appelle « Aggradation ». L’aggradation tend à transformer les éléments simples en structures complexes là où la dégradation tend à transformer des structures complexes en éléments simples. C’est ce qui amène les différents règnes (minéral, fongique, végétal, animal) à se « manger » de façon dynamique et il en résulte plus de diversité et de ressources pour ceux qui suivent (nous).

La synergie amène à la biodiversité, à l’évolution, à la stabilité et à la résilience. Créer des relations synergétiques est plus facile à dire qu’à faire: cela demande de faire évoluer notre façon de nous voir nous-mêmes, de voir le monde, de voir les autres. De changer notre comportement qui tend à « lutter contre », à juger, à éliminer ce qui nous gêne, là où on pourrait « danser avec », apprécier positivement ou négativement ce que l’on vit, et créer ce qui n’existait pas pour combler les besoins de chacun sans éliminer personne.

C’est un changement de paradigme !

 

Pour en savoir davantage sur nos recherches que soulève la permaculture, vous pouvez découvrir :

Nos livres Phytosociologie des plantes alimentaires et Synergie dans les rapports humains.

Nos vidéos sur notre chaine Youtube « La Foret Nourricière« 

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