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Pourquoi l’humain est en guerre contre lui-même et contre son environnement ? Comment retrouver le chemin de la nature…. humaine

L’humain est-il coupé de la nature pour la détruire, se détruire lui-même à ce point ?
Le propre de l’humain selon un certain François Rabelais (1534), ce serait le rire, puis certains ont dit que c’étaient les pleurs, le langage, le jeu, l’écriture, la violence gratuite, le mensonge, la créativité, etc. et toutes les récentes études éthologiques démontrent que tout cela n’est absolument pas spécifique à l’humain.

Les singes rient, pleurent, jouent, volent, mentent, discutent avec un langage distinct, parfois les hippopotames tuent des gnous ou des pêcheurs pour s’amuser comme les chats. Les éléphants pleurent, jouent, parlent, se mettent en colère, font des choses absurdes.
Les abeilles décrivent des formes géométriques pour donner des distances et des directions. Bref…. Rien n’est spécifique à l’humain dans tout ça !

Donc je pose la question : sommes-nous vraiment sortis de la nature ou ne serait-on pas en plein dedans ? Des vrais sauvages qui s’ignorent ??

Les études éthologiques de Frans de Waal,  et d’autres éthologues démontrent que deux courants de comportement sont bien distincts entre les espèces de singes bonobos (pan paniscus) et chimpanzés (pan troglodyte) qui sont à 99% identiques au génome humain. Ces deux comportements illustrent bien les différents comportements que l’on peut observer chez les humains en fonction de leurs valeurs existentielles que l’on expérimente.

Nos frères les singes

Bonobo

Les bonobos (pan paniscus) sont paisibles, plutôt peureux-fuyants, ils règlent les conflits en faisant l’amour ; il y a peu de hiérarchie entre eux, c’est la loi du plus séduisant, du plus sympa, ils ne sont pas très conquérants ; il existe  beaucoup d’entraide et de dialogue entre eux, ils mentent peu et la tendance est plus matriarcale que patriarcale. « les hippies »

Chimpanzé

Les chimpanzés (pan troglodyte) sont guerriers, plutôt peureux-agressifs, conquérants ;  c’est la loi du plus fort. Ils mentent beaucoup pour se protéger, sont très hiérarchisés, compétitifs, ont peu de dialogue et avec moins de vocabulaire, sont très patriarcaux. »les capitalos-productivistes »

Quand on observe le comportement des singes, on dirait les valeurs  sociales de gauche à tendance hippie-fraternelle (les bonobos) au grand cœur qui se sont mélangés aux valeurs de droite capitalistes (les chimpanzés) sans cœur, dans un seul et même individu, le sapiens.
On pourrait en conclure que les bonobos « c’est bien » et les chimpanzés qui nous dirigent « ce n’est pas bien » ? mais on serait au pays des bisounours.

BISOUNOURSPNG rt

Le bien et le mal n’existant pas de manière tangible sur terre, car la vraie loi de Dame Nature est la recherche d’équilibre entre des forces opposées et l’évolution en spirale évolutive, les chimpanzés par leur mœurs conquérantes ont permis une évolution que les bonobos (peureux et craintifs) ne pouvaient pas développer.

C’est du conflit que nait l’évolution, même si cela désespère les cœurs d’artichaut qui rêvent du pays des bisounours, c’est un fait, le conflit est inéluctable aux relations, un peu comme les déchets sont inéluctables quand on cuisine, et comme les déchets de cuisine quand le conflit est géré intelligemment,  il amènent plus d’évolution que la paix quand elle est forcée. D’ailleurs,  quand le conflit est bien géré, cela amène l’évolution. La paix, quand elle est forcée, amène la stagnation et à des macro conflits au final !
On peut observer en nous ces différentes valeurs qui s’opposent entre les valeurs de droite et de gauche, le capitalisme et le communisme et la façon dont on peut changer de camp et de valeurs en fonction de notre position sociale (fonctionnaire, ouvrier, patron)
Chez les singes, les choses sont bien réglées entre des espèces distinctes (les bonobos ne rêvent pas de faire la guerre, et les chimpanzés ne rêvent pas de câlins et de longues discussions) chacun expérimente son biotope et ses valeurs à sa manière.

Là où ça coince avec l’humanité c’est le fait que l’humain a le choix entre ces différentes valeurs et mœurs et doit choisir entre un camp ou l’autre ou faire un compromis.

Ce qui crée un conflit intérieur en chacun de nous, un peu comme si les abeilles revendiquaient l’individualisme, que les biches portaient plainte contre les harems, que les mantes religieuses étaient contre le crime sexuel, et les écureuils militaient pour une répartition équitable des noisettes dans la forêt à la sauce marxiste.

Cela nous met en conflit existentiel et on a tendance à se rabattre sur un camp qui serait le bon (la gauche ou la droite ???)
Depuis des millénaires, les dirigeants humains (plutôt à tendance chimpanzé) ont bien compris que pour régner il faut diviser et opposer les valeurs, et les gens pour les exploiter facilement, ils nous font rêver d’un monde de bonobos si on vote pour eux, par ici les moutons, à la tonte…
Et on y croit ! Enfin, on espère ! et on s’oppose inconsciemment et stérilement alors que le conflit serait évolutif si on avait conscience qu’il n’y a pas de bon camp et que Dame Nature unit la hiérarchie, l’expansion, la paix, le dialogue, la compétition, la croissance, la performance, le partage, le parasitisme sans les opposer.

Du coup, on a d’un côté des « capitalos » qui rêvent d’aller sur mars et des écolos qui rêvent d’amour et de partage. Chacun fuit dans des stratégies de monde meilleur bien distinctes en les opposant au camp d’en face. (et les deux disent « on ne peut pas faire d’argent avec les truc écolos » et « on ne peut pas être un vrai écolo humaniste si on fait du fric » !

Et c’est de nos disputes de chasseur-cueilleur jusqu’à la guerre nucléaire que se développent la conscience et l’intelligence humaine.
Le conflit est une des bases de l’évolution, au moins autant que l’entraide. La nature cumule les choses là où on les oppose en s’enfermant dans un camp

Prenons l’exemple d’un arbre et voyons s’il est plutôt capitaliste ou hippie coco

• Il n’a pour but que la croissance infinie
• La rentabilité énergétique maximale dans sa photosynthèse
• Il capitalise le carbone dans sa lignine et met plus de 100 ans à partager du carbone acquis
• Il est compétitif et parfois il empêche les jeunes de pousser car il ne veut pas perdre sa place
• Plus il a d’eau plus il en boit.
• Il développe des substances toxiques qui empoisonnent ceux qui le mange (tanin, latex, alcaloïde terpène, etc.)
Et en même temps

• 80% des sucres qu’il produit servent à nourrir les animaux, parasites et symbiotes (et oui 20% seulement pour l’arbre 80% de partage)
• Il est l’abri de tous les animaux
• Il partage ses surplus divers via ses partenaires,  les champignons
• Il tempère le climat et encaisse les vents glaciaux ou desséchants pour protéger ses hôtes
• Il remonte l’eau du sous-sol et humidifie l’air pour tous ou infiltre l’eau des pluies diluviennes
• Et il n’a jamais détruit ou essayé de détruire, il ne fait pas d’anti racine ou d’anti feuille et n’a jamais été pour la décroissance ou la sobriété, il est pour la croissance heureuse

On peut en conclure que c’est l’union des valeurs qui créer l’évolution et la biodiversité terrestre et que c’est notre opposition au camp d’en face, le fait de croire qu’un camp est mieux que l’autre, qui crée la destruction et les guerres stériles.

En gros le jour où les hippies permacoles auront envie de croître de façon performante, de conquérir le pouvoir sans peur et au risque de leur vie pour le mettre au service du bien commun (comme l’on fait Gandhi/ Luther King/ Mandela, Allende, etc.) et faire croître une économie verte de denrées alimentaires biologiques, de savoir biomimétique, en capitalisant les semences, les stratégies, la beauté…. Et qu’ils battront les capitalistes à leur propre jeu, en gros faire plus d’argent que les pollueurs esclavagistes en respectant l’humain et la nature plutôt qu’en les exploitant, cela ferait un peu pareil que si les capitalos battaient les écolos sur la replantation d’arbres dans le désert et  le recensement des espèces en voie de disparition,  dans le simple intérêt de faire plus de pognon avec le bio mimétisme.

Ce qui est rassurant, c’est que cette révolution est en train de se faire sous nos yeux en même temps que la destruction de l’environnement… (le problème est la solution en permaculture). Et que c’est à nous d’œuvrer pour que nos rêves humanistes et écologiques se réalisent via la performance et les outils capitalisto-productiviste. Comme le font les arbres depuis des millions d’années. Finies les petites guerres de chapelle stériles, place au conflit évolutionniste, au respect de la biodiversité des stratégies (punk/hippie/bobo) !l

La gestion positive du conflit (intérieur et extérieur) est donc la clé de l’évolution de la conscience, mais pour cela encore faut-il savoir écouter quand je vis un conflit intérieur entre mes valeurs et mes besoins, savoir écouter quand l’autre est en colère alors que l’on n’a pas les mêmes valeurs, sans l’insulter, sans le juger, et de savoir écouter le besoin de cet autre qui m’énerve, et en même temps reconnaître que certaines associations ou collaborations sont prolixes et d’autres toxiques et savoir déjouer les conflits

Encore faut-il choisir des partenaires et des voisins qui soit complémentaires plutôt que compétitifs ! Comme les plantes se complètent  naturellement dans la nature en des associations spécifiques pour chaque type de biotope sans une monoculture qui leur dit comment elles doivent être ou se comporter.

Le processus synergie dans les rapports humains est là pour accompagner cette transition écologique et humaniste en nous permettant de reconnaître nos besoins fondamentaux et les combler, guérir nos blessures intérieures qui nous limitent dans nos comportements, de gérer positivement les conflits afin de faire émerger les besoins fondamentaux et enfin de savoir se poser et rêver ensemble ou pas, sans que cela déclenche de guerre de chapelle (l’art de déjouer les conflits structurels).

 

Auteur : Franck Nathié

References :

  • La Politique du chimpanzé [« Chimpanzee Politics: Power and Sex among Apes »], Editions du Rocher, 1987, 216 p. (ISBN 978-2268005539).
  • Le Bon Singe : les bases naturelles de la morale [« Good Natured: The Origins of Right and Wrong in Humans and Other Animals »], Fayard, 1997, 357 p. (ISBN 978-2227137097).
  • Bonobos : le bonheur d’être singe [« Peacemaking among Primates »], Fayard, 1999, 210 p. (ISBN 978-2213628226).
  • Quand les singes prennent le thé : de la culture animale [« The Ape and the Sushi Master: Cultural Reflections by a Primatologist »], Fayard, 2001, 382 p. (ISBN 978-2213609232).
  • De la réconciliation chez les primates [« Peacemaking among Primates »], Flammarion, 2002, 382 p. (ISBN 978-2080814678), prix du livre 1989 du Los Angeles Times.
  • Le Singe en nous [« Our Inner Ape: A Leading Primatologist Explains Why We Are Who We Are »], Fayard, 2006, 326 p. (ISBN 978-2213627991).
  • Primates et philosophes [« Primates and Philosophers: How Morality Evolved »], Éditions le Pommier, 2008, 257 p. (ISBN 978-2746503731).
  • L’Âge de l’empathie : leçons de nature pour une société plus apaisée [« The Age of Empathy: Nature’s Lessons for a Kinder Society »], Éditions Les Liens qui libèrent, 2010, 330 p. (ISBN 978-2918597070).
  • Le Bonobo, Dieu et nous : à la recherche de l’humanisme chez les primates [« The Bonobo and the Atheist: In Search of Humanism Among the Primates »], Éditions Les Liens qui libèrent, 2013, 361 p. (ISBN 979-1020900623).
  • Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l’intelligence des animaux ? [« Are We Smart Enough to Know How Smart Animals Are? »], Éditions Les Liens qui libèrent, 2016 (ISBN 979-1020904140).
  • La dernière étreinte [« Mama’s Last Hug: Animal and Human Emotions (mars 19) »], Éditions Les Liens qui libèrent, 2018 (ISBN 979-10-209-0661-8).
  • Interview d’Anémone 
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